Trois bandes diagonales – orange, blanc, bleu – traversent le drapeau de Miami avec une énergie latine. Au centre, les armoiries de la ville : le soleil, les Everglades, la mer. Ce drapeau adopté en 1979 capture visuellement ce que Miami est géographiquement : une frontière, un passage, un carrefour entre deux Amériques.
Miami n'existe que depuis 1896. C'est l'une des seules grandes villes américaines à avoir été fondée en grande partie à l'initiative d'une femme : Julia Tuttle, citricultrice, a convaincu Henry Flagler d'étendre son chemin de fer jusqu'à la baie de Biscayne. En échange, elle lui offrait la moitié de ses terres. Flagler bâtit un hôtel de luxe. Miami naquit.
Des milliers de réfugiés cubains arrivent avec leurs langues, leurs recettes, leurs nostalgies et leurs ambitions. Little Havana devient un monde à part entière. Aujourd'hui, Miami est la capitale latinophone de l'Amérique du Nord : plus de 70 % de ses habitants parlent espagnol à la maison.
Miami n'est pas qu'une carte postale d'Art Déco et de plages blanches. C'est une ville qui regarde vers le Sud, vers Haïti, Colombia, Venezuela, Brésil. C'est la porte d'entrée des capitaux latino-américains, le refuge des élites d'un hémisphère en mouvement. Le bleu de son drapeau est celui de l'Atlantique qui relie plutôt qu'il ne sépare.
