Un phénix d'or s'élève sur fond blanc, entouré d'une devise espagnole : "Oro en paz, fierro en guerra" – Or en paix, fer en guerre. Le drapeau de San Francisco est un portrait de résilience gravé dans le symbole le plus éloquent qui soit : le phénix, l'oiseau qui renaît de ses cendres.
Le 18 avril 1906, une faille sismique déchire la côte californienne. En quelques secondes, San Francisco s'effondre. Mais c'est l'incendie qui suit – alimenté par les conduites de gaz rompues, attisé par le vent du Pacifique – qui consume 75 % de la ville. Plus de 3 000 personnes meurent. 225 000 se retrouvent sans abri. En dix ans, la ville est entièrement rebâtie.
La ruée vers l'or de 1849 avait transformé ce village espagnol en métropole cosmopolite. Chinois, Irlandais, Italiens, Mexicains, Philippins – tous les immigrants du Pacifique s'y croisaient sur des collines abruptes. Chinatown reste le plus vieux quartier chinois d'Amérique du Nord.
Aujourd'hui, un autre or règne sur la baie : celui de la Silicon Valley. Les câbles de tramway grinçent encore sur les collines pendant que les navettes d'entreprises tech glissent sur les autoroutes. Le phénix du drapeau observe, impassible, cette énième renaissance d'une ville qui n'a jamais fini de se réinventer.
