Un sceau classique sur fond bleu, des symboles maritimes : le drapeau de Portland a tout du blason administratif qu’on ne regarde pas. Pourtant, en son centre, un oiseau renaît des flammes, et un mot latin : *Resurgam*, « Je renaîtrai. »
Aucune ville n’a mieux mérité sa devise. Portland a brûlé quatre fois. En 1676 puis en 1690, les guerres indiennes la rasent. En 1775, le capitaine britannique Mowatt la bombarde et l’incendie en représailles, au seuil de la Révolution. Et le 4 juillet 1866, une étincelle de feu d’artifice déclenche le plus grand incendie urbain qu’ait alors connu l’Amérique : en une nuit, le cœur de la ville part en fumée, dix mille habitants se retrouvent sans toit.
Le phénix et le *Resurgam* ne sont pas une figure de style : ils sont la biographie de la ville, gravée dans son emblème.
Le drapeau bleu flotte, discret, au-dessus d’un port qu’on dirait sans histoire. Il faut s’approcher pour lire, au centre du sceau qu’on néglige, la plus tenace des promesses : renaître.
